La raison d’être ou le sens retrouvé

Depuis le rapport de Nicole Notat et Jean-Dominique Senard, puis l’adoption de la loi Pacte en mai 2019, l’entreprise est invitée à réinterroger sa « raison d’être ». Cette question est loin d’être un effet de mode. Elle est l’aboutissement d’au moins deux questionnements essentiels.Le premier a été notamment porté par les chercheurs Blanche Segrestin et Armand Hatchuel dans leur ouvrage Refonder l’entreprise (La République des idées, 2012) : l’entreprise s’est éloignée de son but originel, sous l’effet notamment de la financiarisation de l’économie. Elle semble être devenue la propriété de ses actionnaires. Or elle est avant tout un projet collectif de création de valeur et de progrès social et sociétal Cette réflexion très intéressante, menée au sein du Collège des Bernardins, a largement inspiré ce volet de la loi Pacte.

Le deuxième questionnement est celui partagé par de nombreux salariés : dans des organisations où tout s’accélère et semble parfois leur échapper, quel sens trouver à leur travail ? Alors que le fossé s’est souvent creusé entre leur quotidien et la gouvernance de leur entreprise, ils ont le sentiment de ne plus mener une œuvre commune, de ne plus appartenir à un collectif soudé par un projet et des valeurs. Ceci engendre une perte de sens, un désengagement – voire parfois une souffrance.

Ce travail ne peut être mené qu’à travers un dialogue entre les acteurs de l’entreprise, en premier lieu les salariés.

La raison d’être vient réaffirmer la finalité d’une organisation, son engagement vis-à-vis de ses parties prenantes et la mission qu’elle propose à ses collaborateurs de partager. Elle peut donc remettre de la cohérence là où il n’y en a plus, mais aussi assurer un (ré)alignement entre les actes et les paroles. Ce travail ne peut être mené qu’à travers un dialogue entre les acteurs de l’entreprise, en premier lieu les salariés. Il consiste à faire émerger ce qui fait sa richesse, mais aussi à co-construire un chemin de progrès. Qui est mieux placé pour piloter cette réflexion que le communicant dont la raison d’être est de créer de la relation et de favoriser les échanges ? Les dirigeants auraient tort de ne pas confier cette mission à leurs équipes de communication. Et ces dernières y (re)trouveront certainement le sens de leur métier.

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